Saint Bernard entre à Cîteaux en 1113. Trois ans plus tard, il est envoyé à la tête des moines qui vont fonder Clairvaux, en Champagne, dont il sera l'abbé jusqu'à sa mort, en 1153.

Par ses écrits où transparaît son expérience intime de Dieu et par l'influence qu'il aura sur ses contemporains, cet homme hors pair est incontestablement la source d'une véritable école de spiritualité. Cette spiritualité bernardine, avec ses notes propres, va influer sur tout le reste de la spiritualité, jusqu'au dix-septième siècle. L'abbé de Clairvaux a tellement marqué son siècle qu'on a pu appeler celui-ci : "le siècle de saint Bernard"

LES AUTEURS CISTERCIENS

Dans son sillage, mais en gardant leur originalité, trois autres auteurs, ses contemporains, se signalent par la qualité de leurs écrits. Dom Anselme Le Bail a parlé des "quatre évangélistes de Cîteaux". Ce sont, avec Bernard, on a pu les appeler les quatre évangélistes de Cîteaux. Ce sont Aelred de Rievaulx, Guillaume de saint-Thierry admirateur et ami de Bernard, et Guerric d'Igny.

Quand naît le plus jeune, Aelred, Bernard, âgé de 19 ans est encore au château de Fontaine ; il entrera à Cîteaux dans trois ans. Guillaume est adolescent et se fera moine à l'abbaye bénédictine de Saint-Nicaise dans six ans. Guerric est adulte et dans seize ans, il entrera à Clairvaux, déjà assez âgé.

Ces quatre grands ne sont pas les seuls à former ce qu'on peut appeler "l'Ecole cistercienne". On peut citer entre autres, par ordre chronologique de leur décès : Amédée de Lausanne (1109 - 1158), Isaac de l'Etoile (1110 - 1168), Gilbert de Hoyland ( vers 1110 - 1172), Geoffroy d'Auxerre (vers 1120 - 1188), Baudoin de Ford (vers 1125 - 1190), Ogier de Locédio (1140 - 1214), Jean de Ford (1145 - 1214), Adam de Perseigne (1145 - 1221), Hélinand de Froidmont (vers 1145 - 1230).

On peut leur joindre 2 moniales : Béatrice de Nazareth (vers 1200-1268) et Gertrude d'Helfta (vers 1256-1302) qui apportèrent leur note propre à l'expérience de leurs frères aînés

Tous furent des chercheurs de Dieu, comme leurs écrits le montrent.

Illustration : Saint Bernard novice, bois de Paul Bialais

Plusieurs traits caractérisent ces différents auteurs cisterciens et font qu'on peut parler d'une école de spiritualité. Un trait leur est commun : à travers leurs oeuvres apparaît leur fréquentation quotidienne de l'Ecriture Sainte. Leurs écrits sont la plupart du temps un tissu de citations explicites ou implicites.

Par ailleurs, tous n'ont pas une doctrine spirituelle identique, mais chez tous on relève quatre grands thèmes qui, avec des accents différents, en forment la charpente :

. Un enseignement sur l'homme, sur l'âme humaine et ses capacités. Les Cisterciens des premières générations ont tout particulièrement médité le thème biblique : l'homme créé à l'image et à la ressemblance de Dieu. Par le péché, celui-ci a perdu la ressemblance, mais l'image de Dieu déformée, défigurée, demeure pourtant toujours au fond de son coeur.

Dieu ne veut pas abandonner l'homme en cet état, il ne cesse de le chercher et il vient re- former en lui son image : le Fils de Dieu, Image parfaite du Père, se fait homme pour faire corps avec l'humanité et restaurer en l'homme la ressemblance divine.

. Mais l'homme doit prendre part à cette restauration de l'image divine. Une ascèse et une conversion continuelle auront précisément pour fonction de libérer l'âme de sa tendance au péché et de restaurer sa ressemblance originelle avec Dieu.

. Du fait que le Fils de Dieu s'est fait homme pour être avec les hommes, le mystère de l'Incarnation occupe une place centrale dans la spiritualité cistercienne. Aussi les Pères cisterciens ont longuement commenté les mystères de la vie du Christ tout au long de l'année liturgique. L'humanité du Christ est le signe et le mystère de la Présence divine. Il est le grand médiateur entre Dieu et l'homme, le modèle que nous devons imiter. Car le "Christ terrestre" est la voie qui conduit à l'amour du "Christ Verbe" Dans le Christ, nous voyons le Dieu éternel et invisible.

On comprend de ce fait, la place qu'occupe la Vierge Marie, Notre-Dame, dans la spiritualité des cisterciens : c'est elle qui a enfanté le Christ, Fils de Dieu et celui-ci nous l'a donnée pour être notre Mère.

. L'expérience de Dieu est le résultat normal de cette marche à la suite du Christ. Chacun de ces auteurs a expérimenté l'action de Dieu en lui ; il essaie d'exprimer cette expérience personnelle et d'entraîner les autres à la désirer. Expérience de Dieu qui se fait dans l'obscurité de la foi, et qui est étroitement liée à la charité. Ces auteurs la décrivent de façons très diverses : union spirituelle avec Dieu, paix et repos en Dieu, sabbat, allégresse en Dieu, jubilation et contemplation.

Ce qu'ils ont expérimenté à leur époque au plus profond de leur coeur dépasse les limites du temps et de l'espace. Aussi pouvons-nous nous mettre à leur écoute et en tirer profit : ce patrimoine de la famille cistercienne est à la disposition de tous.

On appelle aussi ces premiers auteurs cisterciens les "Pères de Cîteaux", comme on parle des "Pères de l'Eglise" à propos de ceux qui ont formé la pensée de l'Eglise durant les huit premiers siècles de son histoire.

Un texte d'hier des pères cistrerciens

Des textes pour aujourd'hui , homélies des dimanches précédents

Un texte pour chaque jour dans le lectionnaire de Cîteaux

 

Conférence de Frère Joël sur la vie consacrée

Vous trouverez d'autres textes rassemblés par Frère Luc Brésard, moine de Cîteaux, dans : "2000 ans d'homélies", offrant pour chaque dimanche des années A - B - C, un texte d'un auteur ancien et un texte d'un auteur moderne, qui commentent les lectures bibliques du jour. Au prix de 19 €.

 

Écrire : Éditions SOCEVAL - 10 route de Chevreuse - BP 25

78117 Chateaufort

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