Les fondateurs de la famille cistercienne, de gauche à droite : Saints Robert, Albéric, Etienne

La Famille Cistercienne, c'est-à-dire l'ensemble des monastères se rattachant à Cîteaux, est nombreuse et diversifiée, l'histoire ayant amené des évolutions, des réformes, des différences de coutumes et d'adaptations.

De plus, des communautés nouvellement formées ont voulu ou veulent s'y rattacher.

Actuellement, des laïcs demandent une certaine forme d'affiliation.


L'ORDRE CISTERCIEN

Héritier du premier Cîteaux par des abbayes prestigieuses qui la plupart du temps n'ont pas eu à souffrir des destructions de la Révolution, l'Ordre Cistercien (O.C.) comprend des monastères de coutumes et de modes de vie assez divers (abbaye principale avec prieurés dépendants, abbayes autonomes ; vie entièrement claustrale, ou comportant des activités pastorales : enseignement, paroisses). Il regroupe 13 congrégations masculines (dont 8 ont une branche féminine) ayant leurs statuts propres. Les autres moniales sont réunies en fédérations (Espagne, Italie) ou ont un régime particulier.

L'Ordre Cistercien compte autour de 90 monastères de moines (environ 1400), et 55 de moniales (environ 1100) - (en France, 2 de moines et 2 de moniales). La majorité sont situés en Europe (pays germaniques, Italie, Espagne), mais il faut noter une congrégation de moines en Éthiopie, une autre de moniales en Bolivie.


L'ORDRE CISTERCIEN DE LA STRICTE OBSERVANCE

A la fin du dix-neuvième siècle, les trois congrégations marquées par la réforme de la Trappe, se regroupaient pour former l'Ordre Cistercien de la Stricte Observance. Cette "naissance" qui n'a pas été facile, a été interprétée de diverses manières. L'Ordre Cistercien, autre grande composante de la famille Cistercienne, la concevait comme un schisme. Quant aux Trappistes ils se percevaient comme les héritiers authentiques de la racine de Cîteaux par leur mode de vie. Ayant repris l'ancien site de Cîteaux, cela ne fit qu'accentuer les divisions.

Pour rebâtir une unité il nous faut regarder en face ces réalités de notre histoire récente.

Le mouvement de la Trappe se caractérise au dix-neuvième siècle et au début du vingtième, par un net retrait du monde, une vie de travail manuel et de prière. Une vie communautaire marquée par le silence et une forte limitation des communications verbales. On y retrouve donc les grands éléments de la réforme cistercienne des origines avec comme marque particulière, une insistance presque exclusive sur la pénitence, les observances, au détriment parfois de la mystique. Une majoration du travail manuel par rapport à l'étude avec un certain a priori anti-intellectuel. Si cela peut représenter un appauvrissement par rapport à "l'humanisme cistercien" du douzième siècle avec les riches expressions esthétiques architecturales et littéraires de sa spiritualité, la vie retirée du monde des "Trappistes" a recréé un environnement, un lieu adapté à un mode de vie contemplatif "au désert".

Une fréquentation plus assidue des Pères cisterciens à partir des années 50, l'aggiornamento après Vatican II, ont facilité une réappropriation du patrimoine cistercien ancien, par une vie fraternelle où s'exprime davantage l'échange, par une créativité au plan liturgique, par la recherche d'un environnement simple, mais beau. Ces données font que les Trappistes et les Trappistines sont bien des cisterciens et des cisterciennes. Après des décennies d'uniformité d'observances, parfois jusqu'à l'aberration, l'inculturation de la vie cistercienne en dehors de l'Europe a complété ce travail de réappropriation. Si le charisme cistercien se caractérise par le fait de faire du neuf à partir de l'ancien on peut dire que l'évolution, que je viens de décrire brièvement, va bien dans le sens d'un charisme cistercien renouvelé pour nous aujourd'hui, même si les réussites sont loin d'être parfaites.

Aujourd'hui l'OCSO formé de deux branches, l'une masculine, l'autre féminine, compte 2512 moines et 1876 moniales répartis en une centaine de communautés pour les moines et environ 70 communautés pour les moniales, dans le monde entier. On remarque une diminution des membres et une augmentation du nombre des communautés en dehors de l'Europe, avec de nombreuses fondations, particulièrement chez les moniales.

Depuis 1980 les moines ont fait 11 fondations (Brésil, Japon, Mexique, Venezuela, République dominicaine, Taiwan, Espagne (2), Indonésie, Liban, Équateur) et deux pré-fondations (Algérie et Nigéria).

Les moniales, de leur côté, ont fait 15 fondations (Chili, Japon, Nigéria, Angola, Venezuela, Indonésie, U.S.A., Corée, Espagne, Zaïre, Équateur, Chine, Philippines, Inde, Madagascar) et une pré-fondation (Norvège).

Cela signifie que dans les 20 dernières années l'Ordre a fait 26 fondations et 3 pré-fondations distribuées géographiquement de cette manière : 4 en Europe, 1 en Amérique du Nord, 8 en Amérique Centrale et Amérique du Sud, 6 en Afrique et 10 en Asie.

A tout cela il faut ajouter l'incorporation de Kurisumala en Inde, les projets de fondation de Sept-Fons en République Tchèque, Klaarland en Tunisie et Hinoro en Argentine, et différents projets monastiques en Chine

Certaines communautés sont dans des contextes difficiles, communautés de l'Atlas au Maroc et de Tibhirine en Algérie, Marija-Zvijezda (Banja-Luka) en Bosnie. Le monastère des Mokoto au Kivu en République Démocratique du Congo a été détruit, et la communauté dispersée, la communauté de la Clarté-Dieu dans cette même région vit dans une grande précarité. Les communautés d'Angola sont confrontées à un contexte de guerre civile et ont dû se déplacer plusieurs fois.

A la naissance l'Ordre en 1892 environ 80 % des communautés de moines et de moniales étaient en Europe (Europe occidentale, France, Belgique, Pays-Bas, Espagne, Angleterre, Irlande) et 20% en dehors de l'Europe.

Cent ans plus tard dans les années 1990, on compte 51 communautés de moines et 36 de moniales en Europe, 46 de moines et 30 de moniales hors d'Europe.

Le nombre plus important de moines et de moniales en formation dans les pays hors d'Europe permet d'affirmer que dans moins de dix ans l'OCSO sera un ordre à prédominance non-européenne.

L'Ordre est gouverné par les deux chapitres généraux des abbés et des abbesse, qui sont indépendants mais qui se réunissent en même temps et dont la majorité des sessions sont en commun. Il est divisé en grandes régions. Centre-Nord-Europe; France Sud et Ouest, les Iles (Britanniques), Italie Espagne, Amérique du Nord (Canada E-U), Amérique Centrale et du Sud, Afrique, Asie Pacifique. Ces régions ne sont pas des congrégations autonomes, elle sont maintenant toutes mixtes avec des moines et des moniales. Elle se réunissent plus ou moins fréquemment entre les Chapitres Généraux qui ont lieu tous les trois ans, pour en évaluer les conséquences et les préparer et pour échanger sur diverses questions pastorales. La Commission Centrale, qui est un peu l'équivalent du synode de l'Abbé Général dans l'Ordre Cistercien, est élue par le Chapitre Général et chargée de le préparer à partir des suggestions des Conférences Régionales. Elle assure un certain gouvernement de l'Ordre avec l'Abbé général entre les chapitres Généraux.

L'Abbé Général, actuellement Dom Bernardo Olivera, un argentin, pôle d'unité pour tout l'Ordre, est assisté à la maison généralice à Rome d'un conseil général mixte avec des représentants et représentantes des grandes régions culturelles de l'Ordre et non plus seulement linguistiques comme auparavant.

Cette structure de l'Ordre reste centralisée. L'évolution actuelle tend à la parité entre moines et moniales qui se traduit parfois, outre les chapitres généraux, par des visites régulières avec un abbé et une abbesse, aussi bien dans des monastères de moines que de moniales.

AUTRES BRANCHES

La congrégation espagnole des moniales de Saint Bernard ("Las Huelgas" 27 monastères) est juridiquement rattachée à l'O.C.S.O. Par ailleurs, plusieurs communautés de moniales de tradition cistercienne entretiennent un lien spirituel avec l'un des deux Ordres, tout en conservant leur autonomie juridique : Bernardines de Colombey et de Géronde (Suisse romande) ; Bernardines d'Esquermes (France Nord 9 monastères), d'Audenarde (Belgique: 18 monastères), ayant les unes avec les autres une activité enseignante et une forte présence en Afrique équatoriale ; Cisterciennes de la Charité (Italie : 7 monastères).

Il faut enfin noter une forte demande de la part des laïcs pour appartenir plus visiblement à la famille cistercienne personnellement ou en groupe. L'Ordre Cistercien connaît déjà la pratique de l'oblature séculière. Autour de l'O.C.S.O., au Nigéria et aux Etats-Unis, des groupes importants vivent à l'ombre d'une communauté. En France, se met en place un organisme structuré : La Grange Saint Bernard de Clairvaux qui se présente ici.

Dans des situations politiques difficiles, voire dans un contexte de persécution religieuse récent ou encore actuel (Europe de l'Est, Extrême-Orient continental), le monachisme cistercien a survécu ou même a resurgi. Certains monastères sont plongés dans un climat de grande insécurité pour ne pas dire plus (Bosnie, Angola, Ex-Zaïre, Rwanda, Israël Cisjordanie). Le martyre des sept frères trappistes de N.D. de l'Atlas, Tibhirine (en Algérie en mai 1996, est présent à tous les esprits).

Pour des renseignements complémentaires, voir les sites suivants
 

Ordre Cistercien

Ordre Cistercien de la Stricte Observance

Monastères de l'Ordre Cistercien ayant un site francophone


Abbaye de Lérins

France


Moniales

Abbaye de Belval

Abbaye de Chambarand

Abbaye du Rivet

Abbaye de la Coudre

Abbaye d'Ubexy


Moines

Abbaye de La Trappe

Abbaye de Bellefontaine

Abbaye du Monts des Cats

Abbaye Notre-Dame du Désert

Abbaye du Port du Salut

Suisse


Moniales

Abbaye de la Fille-Dieu

Belgique


Moines

Abbaye d'Orval

Abbaye de Scourmont

Pages de Dom Armand Veilleux, Abbé de Scourmont

Canada


Moines

Abbaye de Mitassini

Abbaye d'Oka

Église de France

Conférence des Evêques de France

Service National des Vocations

Autres liens


Bourgogne


Office du tourisme de Nuits-Saint-Georges

Région de Bourgogne

Jour du Seigneur

Frère Olivier Quenardel, père abbé de Cîteaux. Le violon de Dieu 
 

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