Aelred de Rievaulx

Aelred naît en 1109 au nord de l'Angleterre, aux confins de l'Ecosse, dans la ville d'Hexam. Le garçon reçoit une excellente instruction à l'école de son bourg natal, et y apprend le beau latin qu'il ne devait jamais oublier. Adolescent, il est admis à la cour du roi d'Ecosse, David Ier où se fait jour une de ses caractéristiques : son aptitude à se faire des amis. Il devient bientôt sénéchal (ou économe) de la cour. En cette qualité, il est envoyé en mission auprès de l'archevêque d'York. Là, il entend parler de l'abbaye de Riévaulx, et il y entre à 24 ans, en 1133. Riévaulx, sur les bords de la Rii, d'où son nom, était alors sous la conduite du secrétaire même de saint Bernard : Guillaume. Aelred eût aussi pour père-maître un autre claravallien : Simon de Clairvaux. Il nous dit que ses lectures au noviciat étaient de préférence les "Confessions" de saint Augustin et l'évangile selon saint Jean; on lisait aussi le Traité "Les degrés de l'humilité" de Bernard, et bien sûr, la Règle de saint Benoît. On voit là les principales sources de sa future doctrine : Augustin et Bernard. S'étant rendu à Rome, il a eu l'occasion de rencontrer Bernard à Clairvaux. À son retour, il devient maître des novices à Riévaulx. Puis il est choisi comme premier abbé de Reversby, fondation de Riévaulx. Il y demeure cinq ans, après lesquels il est élu, en 1147, abbé de Riévaulx, monastère qu'il dirige durant vingt ans, jusqu'à sa mort, en 1167.

La tradition cistercienne a porté ce jugement sur Aelred : "Notre Aelred est presque l'égal de Bernard". Il est en effet, de tous nos Pères, le plus proche de Bernard, par sa doctrine, par son action, par son influence, si bien qu'on a pu l'appeler le "Bernard anglais". Comme il en fut pour l'abbé de Clairvaux, son influence fut très grande dans son pays, l'Angleterre. Ses contemporains en ont parlé comme d'un homme d'une sérénité inaltérable, d'une bonté humaine. Il sait se faire des amis, parce qu'il aime et sait traduire son affection. Or Aelred a des amis partout : il en a dans son abbaye, comme le témoigne son "Traité de l'amitié" qu'il écrivit à la manière de Cicéron.

Ancien maître des novices, il connaît l'âme humaine. Il aime aussi sa vie monastique et sait en justifier l'austérité; il sait aussi la faire aimer avec un sourire, un charme qui lui sont particuliers. De ce fait, son enseignement pénètre de plein droit dans les cinq abbayes filles de Riévaulx et même parmi leur descendance. Sur son tombeau on lisait : "A peine l'a-t-on lu, qu'on a envie de le relire". Par ailleurs, son bref traité : "Quand Jésus avait douze ans", est un modèle de cet attachement à l'humanité du Christ, si chère aux cisterciens.

Actuellement encore, Aelred reste à la suite de Bernard, un maître de vie spirituelle.

 

• Autres écrits importants : "L'amitié spirituelle" et surtout "Le Miroir de la Charité".

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citations issues du Miroir de la charité (Speculum caritatis) :
« En créant l'univers, Dieu n'a pas seulement donné à l'homme d'être, d'être bon, d'être beau, d'être bien à sa place - comme il l'a donné aux autres créatures - mais, en plus, il lui a donné d'être heureux. D'une telle béatitude, seule la créature raisonnable est capable. »
« La mémoire a capacité pour l'éternité, la faculté de connaissance pour la sagesse, la faculté d'amour pour la douceur. En ces trois facultés, l'homme a été créé à l'image de la Trinité : par sa mémoire, il retenait à Dieu sans oubli; par sa faculté de connaissance, il le reconnaissait sans erreur; par sa faculté d'amour, il l'étreignait sans convoiter autre chose. Il était heureux. »