Méditation sur l'amour mutuel
 

Qu'est-ce donc que s’aimer les uns les autres, sinon ce qui me fait dire à celui que j'aime : nous le partageons tous les deux. Mais si je t'aime sans que tu m'aimes, ou que tu m'aimes sans que je t'aime, il n'est pas encore question d’amour mutuel, puisqu'il n'est pas partagé par l'un et l'autre. L’amour mutuel est commun, il ne saurait être privé de la mise en commun de l'amour. Mutuel, il doit être aussi continuel, autrement le lien de la paix, le nœud de l'amour ne saurait exister. Est continuel, celui qui a pour base la vérité, ce qui n'est pas brisé par les haines et les soupçons, qui est toujours alimenté, nourri par des égards réciproques et un support mutuel ; pour éviter qu'il ne se perde, il est gardé avec soin et prudence, il n'est terni par aucune dissimulation. Cette charité appartient à ceux qui s'aiment vraiment dans le Christ, non en paroles ou langue, mais en actes et en vérité. Cette charité, le Christ l'imprime profondément, l'enfonce, l'inscrit dans nos cœurs, quand il dit : « Voici mon commandement : c'est que vous vous aimiez les uns les autres, comme moi-même, je vous ai aimés».