Notre Dieu est le Dieu vivant

L'approche contemplative, loin d'être une approche simplement mentale et conceptuelle de Dieu, loin d'être le fruit d'une spéculation intellectuelle qui cherche à saisir Dieu comme une abstraction très subtile, est très concrète et existentielle. Lorsque la pensée abstraite et l'existence concrète entrent en conflit, on reconnaît le véritable contemplatif à ce qu'il se trouve du côté de l'existence concrète. Notre Dieu est le Dieu Vivant qui S'est manifesté à l'homme d'une manière infiniment concrète, non seulement par les paroles et les actes par lesquels Il est intervenu dans l'histoire humaine pour notre salut, mais surtout par Son Fils, que les Apôtres entendirent, virent, touchèrent de leurs mains et reconnurent comme la Parole de Vie. Le contemplatif chrétien ne se contente pas d'explorer les profondeurs de l'âme humaine et de développer ses facultés naturelles. Le cœur de la contemplation chrétienne est la révélation du Dieu invisible. Le contemplatif chrétien cherche à participer le plus pleinement et de la manière la plus vivante à l'expérience qui a été transmise par ceux qui ont accompagné le Christ sur terre, qui L'ont connu, L'ont vu ressuscité et ont reçu, de Lui, le don de l'Esprit.

La vie chrétienne contemplative rend avant tout témoignage à la vérité la plus profonde et la plus centrale de toute la révélation, celle de la Sainte Trinité.

A première vue, rien ne pourrait sembler plus éloigné de la conscience moderne et lui être plus étranger que la notion mystérieuse d’un seul Dieu en trois Personnes. La conscience moderne supporte mal le mystère et est inaccessible à la théologie technique. On s'attendrait à ce que le danger d'abstraction et de technologie incitât les contemplatifs modernes à se tourner plus spontanément vers Dieu dans Son unité et Sa simplicité plutôt que vers ce mystère d'un Dieu trine. Or, au contraire, le caractère particulier de la contemplation chrétienne ne peut être compris si l'on ne donne pas toute l'importance appropriée à la révélation du Père par le Fils, dans le Saint-Esprit.

 

Le retour au silence pp 204-205