Le Psautier, parole et silence

Les Psaumes sont plus qu’un langage. Ils contiennent en eux le silence des hautes montagnes et le silence des cieux. C’est seulement lorsque nous nous tenons au pied de cette montagne qu’il est difficile de distinguer le langage du Psautier des langues de la terre : car le Christ doit poursuivre son voyage parmi nous comme un pèlerin affublé de nos propres haillons. Le Psautier ne commence vraiment à parler et à chanter en nous qu’au moment où, guidés par Dieu et élevés par lui, nous sommes parvenus dans ces sommets de silence. Alors les Psaumes eux-mêmes deviennent la demeure de Dieu, où nous sommes à tout jamais protégés contre la rage de la cité des affaires, contre le tintamarre des opinions humaines, contre le sauvage carnaval que nous portons en nos cœurs et que les premiers saints appelaient Babylone.

La liturgie du ciel est une parfaite harmonie, dont le chant, comme la musique des sphères, se change en silence. Le Psautier prélude à cette liturgie. Un prélude est déjà un commencement. Nous qui chantons les Psaumes, nous nous tenons dans les vestibules du ciel. C’est là en effet le témoignage que nous avons choisi. Commencer sur terre la vie et la liturgie du ciel : telle est la vocation chrétienne.