dans la tourmente :
railleries et persécutions

XVIIIe - XIXe s.

Au XVIIIe siècle, la philosophie des Lumières est hostile aux moines. Les penseurs les tiennent pour socialement inutiles et les classent en deux catégories : les fanatiques et les hypocrites. Les conséquences sont lourdes pour les monastères cisterciens. En Autriche, par exemple, l’empereur Joseph II leur impose de prendre en charge des œuvres pastorales (paroisses, écoles, hôpitaux), ce qui nuit à l’unité de l’ordre et porte les germes des divisions à venir.

 

Projet de l'architecte Romain Lenoir à Cîteaux aile-lenoir

 

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Bâtiment “Lenoir”, vue de l'Est

 

 

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Le grand escalier

L’abbé de Cîteaux, dom Joseph Trouvé, est un homme de son temps. Il installe des ateliers dans la grande infirmerie de Cîteaux pour donner du travail aux chômeurs des environs. Il entreprend aussi un grand projet architectural : la destruction d’une partie des bâtiments conventuels et leur reconstruction au goût du jour, en style classique. L’actuel bâtiment d’habitation date de cette époque.

 

La Révolution interrompt les constructions et chasse les moines, la période est trouble. L’abbaye, vendue comme biens nationaux à des spéculateurs en 1791 est démantelée : transformée en carrière de pierre, puis en usine, en phalanstère, enfin en colonie pénitentiaire pour enfants. Cette dernière œuvre, fondée par le Père Rey nécessite de nombreuses constructions : Cîteaux accueille jusqu’à un millier de jeunes et d’éducateurs.

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Vue générale de la colonie du Père Rey vers 1868

Suite à la révolution, l’ordre cistercien s’écroule : les monastères sont fermés à mesure que les armées françaises avancent en Europe. De nombreux moines restent fidèles à leurs vœux jusqu’à en mourir. Un petit groupe de moines et de moniales issus de monastères qui avaient suivi l’Estroite Observance, en particulier en provenance de l’abbaye de la Trappe, fuient jusqu’en Russie sous la conduite de dom Augustin de Lestrange.

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 Dom Augustin de Lestrange

 

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Après la tourmente révolutionnaire, ils assurent le renouveau de la vie cistercienne trappiste en France. Contre toute attente, le XIXesiècle voit fleurir et prospérer des abbayes ferventes rassemblées en diverses congrégations : l’unité de l’ordre n’a plus de consistance.

Gravure : Cîteaux XIXe s.

 

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