janvier 2014

Janvier 2014

La nouvelle année a commencé avec plusieurs rencontres intéressantes :

Une première rencontre avec Mgr Renauld de Dinechin, l'un des évêques auxiliaires de Paris. Il accompagne un groupe de prêtres des "fraternités missionnaires des prêtres pour la ville" en retraite spirituelle à Cîteaux. Il nous parle de cette vie qu'il a lui-même menée : vie commune des prêtres pour la mission dans des lieux particuliers, souvent tournés vers les périphéries. 

Il présente quelques unes des nombreuses initiatives pastorales du diocèse de Paris, notamment "l'association pour l'amitié" qui propose à des jeunes catholiques de vivre en collocation avec des personnes issues de l'exclusion et inscrites dans un processus de réinsertion. Cette initiative est vraiment édifiante par son souci de joindre la profondeur spirituelle à une action concrète qui engage une grande part de la vie.

Il évoque avec émotion les lettres qu'il reçoit de ceux qui demandent à faire leur confirmation, ce qui est l'occasion d'un échange prolongé : ces lettres, souvent profondes et très personnelles manifestent une grande confiance en l'Eglise de la part des plus jeunes et en même temps une certaine difficulté à exprimer et entretenir une vie intérieure. 

Notre hôtellerie ne désemplit guère et ce sont des prêtres de Franche-Comté qui ont à leur tour fait une retraite à Cîteaux. Ils étaient accompagnés du nouvel archevêque de Besançon, Monseigneur Jean-Luc Bouilleret. Ancien évêque d'Amiens, il retrouve un peu sa région d'origine puisqu'il est natif d'Arbois dans le Jura, d'une famille de viticulteurs. Qui ne connaît le Vin d'Arbois ? Passionné par son nouveau ministère, il s'attache à établir une proximité fraternelle avec les prêtres en faisant remarquer que maintenant les "agents pastoraux" sont de plus en plus nombreux mais que cela n'est pas forcément facile : la collaboration entre les agents pastoraux et les prêtres représente un défi. Quelle place pour le ministère presbytéral ? Comment éviter les rivalités et établir un climat de confiance ? Les laïcs en mission ecclésiale reçoivent une lettre de mission de l'évêque mais ne sont pas ordonné. On assiste à une nouvelle catégorie au service du diocèse; de nouveaux ministères qui se mettent en place ? Les évêques se penchent sur la question.

Une autre rencontre intéressante a été celle du Père Gérard Berliet et de Mr et Mme Perrin divorcés-remariés. Ils font partie d'une équipe de travail et de réflexion sur la situation des divorcés-remariés dans l'Eglise. La privation de la communion eucharistique peut être une réelle souffrance pour certains, mais n'y a-t-il pas d'autres manières de communier à la personne de Jésus ? Ils nous ont présenté un diaporama remarquable sur la question : il explique de façon très nuancée la position de l'Eglise et le chemin qui peut se faire avec les fidèles divorcés-remariés.

Le Père Abbé d'Hauterive, Dom Marc, nous a rendu visite. L'abbaye d'Hauterive est située tout près de Fribourg en Suisse. Elle reçoit, comme d'autres abbayes, des demandes de personnes qui souhaitent appartenir, à des degrés divers, à la communauté des moines. Comment réagir ? Les formes d'appartenance à une communauté peuvent-elles évoluer ? Comment discerner l'appel de Dieu chez des personnes qui, elles-mêmes, n'y voient pas forcément très clair ? Il s'agit d'accompagner les personnes pour que leur choix s'éclaire et trouver des moyens de répondre qui permettent à la demande de mieux s'exprimer. Ce qui peut aboutir à des formes un peu nouvelles d'insertion dans la communauté monastique.

Comme lecture au réfectoire, nous avons entendu la très belle lettre du Pape François sur "La joie de l'évangile". N'est-ce pas le meilleur vœu que nous pouvons faire à nos lecteurs ? Qu'ils soient habités par cette joie et la rayonnent sur notre monde qui en a tant besoin.

 

Février 2014

Février 2014

 

Ce mois de février a été marqué à l'abbaye par deux décès : notre Frère Jules, le 6 du mois et notre Frère Nicolas le 27. Deux parcours différents qui nous montrent que le Bon Pasteur conduit ses brebis chacune par son nom.

Frère Jules est né en Indochine : son père, allemand de la Légion Etrangère, sa mère tonkinoise. Toute son enfance, il l'a passée au Tonkin (région de Hanoï au Vietnam actuel) puis, au fil de l'école et de l'apprentissage, il a séjourné à Bizerte où son père est mort tandis que sa mère, restée au Tonkin, n'a plus guère donné signe de vie. Engagé dans la Marine Nationale, Frère Jules a été très soutenu par un aumônier de la marine qui a achevé son éducation et l'a orienté vers Cîteaux. C'est ainsi que Frère Jules est entré dans notre monastère en 1957. Eurasien, seul au monde, il a beaucoup souffert de cette solitude, cherchant à renouer avec sa mère. La vie monastique n'a pas été facile pour lui : difficile de trouver un équilibre dans une vie de prière et de travail où, pourtant, il excellait dans le domaine de la mécanique. Petit à petit, des problèmes de santé l'ont obligé à quitter l'abbaye pour des soins de longue durée. Mais sa recherche de Dieu a continué, contre vents et marées, et c'est à 80 ans que le Seigneur est venu chercher son fidèle serviteur.

Autre parcours que celui de notre Frère Nicolas, un lorrain de 91 ans qui s'est éteint tout doucement le 27 février. Pendant presque toute sa vie monastique, et jusqu'à un âge avancé, il a été notre comptable. D'une ponctualité exemplaire, il a également été pendant des années, le sonneur qui a rythmé toute la vie de la communauté. Et ce n'était pas comme maintenant où les automatismes des cloches ont allégé la charge. C'est montre en main qu'il allait tirer les cordes des cloches une vingtaine de fois par jour ! Très silencieux, grand ami des psaumes et du chapelet, il a achevé sa vie dans une joie paisible et souriante, entouré de la sollicitude de nos frères infirmiers. C'est pendant la sonnerie de l'Angélus, qu'il a rendu son âme à Dieu, entre les mains de notre Père Abbé, en disant son dernier : "Me voici".

Février a été l'occasion d'un séjour parmi nous du Pasteur Daniel Bourguet. Figure atypique de l'Eglise Réformée puisque Daniel est protestant, Pasteur et ermite ! Il est membre de la Fraternité Spirituelle des Veilleurs qui a été créée en 1923. Il s'est initié à la vie monastique à l'Abbaye des Dombes, sous la direction de notre Père Etienne. Son physique le fait ressembler à Saint Séraphin de Sarov : même allure, même barbe particulièrement fournie, et surtout même incandescence de l'âme. Dans sa vie de prière, il est, nous dit-il, témoin privilégié de l'œuvre de Dieu qui s'accomplit dans les personnes qui viennent le visiter. Dieu est l'Accompagnateur par excellence, et l'ermite n'en est que le relais et le témoin ébloui. Il a écrit un livre sur le silence de Dieu pendant la Passion, un autre sur la tendresse de Dieu et maintenant il compose un ouvrage sur l'humilité de Dieu. 

Quand on entend parler Daniel Bourguet, on pense à la phrase de Saint Jean Chrysostome : "L'homme qui prie a la main sur le gouvernail du monde !"

Mars 2014

Le mois de mars s'est ouvert par une session que nous a donnée notre Père Abbé sur Sainte Gertrude. Cette sainte moniale du XIIIème siècle, Dom Olivier la connaît bien puisqu'elle a été son sujet de thèse. Entrée au monastère d'Helfta en Allemagne, à l'époque de Saint Louis roi de France, elle a commencé par être une moniale "quelconque" si l'on peut dire, jusqu'à une véritable conversion qui l'a amenée aux plus hauts sommets mystiques. Elle a écrit les révélations qu'elle a reçues du Seigneur et, par là, est devenue l'apôtre de l'Eucharistie dont elle ne cesse de méditer la splendeur. A une époque où l'on ne communiait que très rarement, elle réclamait la communion fréquente.

Actuellement Sainte Gertrude est en passe d'être proclamée Docteur de l'Église, et Dom Olivier est un artisan des réflexions qui se tiennent à ce sujet.

Au cours de ce mois, nous avons préparé le rapport que nous devons faire pour le chapitre général. Le chapitre général, c'est la rencontre que les Abbés et Abbesses de notre Ordre font tous les trois ans. Ils se réunissent pendant trois semaines à Assise. Ce temps de réunion est consacré à une sorte de révision de vie de toutes les communautés réparties dans le monde : une centaine de monastères d'hommes et quatre-vingt de femmes de tous les continents. Chaque communauté prépare un rapport présentant sa propre physionomie tant au point de vue spirituel que matériel. Tous ces rapports sont étudiés par le chapitre général qui peut ainsi prendre les bonnes décisions pour venir en aide aux communautés, répondre à leurs questions, corriger certaines déviances, encourager les progrès. La préparation du chapitre général et son déroulement, c'est tout notre Ordre qui s'ouvre au grand vent de l'évangile. Cela favorise les liens très forts tissés entre les communautés et nous aide à discerner les appels de l'Esprit-Saint sur nous aujourd'hui.

Ce mois de mars est aussi marqué par le carême : ce temps fort où nous apprenons à nous remettre en route vers Pâques. Que ceux qui nous liront aient un cœur tout brûlant pour enflammer le monde d'un amour dont il a tant besoin.


 

avril 2014

Du 2 au 7 avril Père Abbé s’envole - en voiture - pour le “Val d’Igny” (anciennement Abbaye N.D. d’Igny dans la Marne) où doit se tenir la Réunion Régionale.

Le 2 avril F. Raphaël va à Dijon se faire charcuter un genou.

Le même jour F.Marie-Joseph s’y rend pour se faire charcuter un pied.

C’est la médecine dite “ambulatoire” - non parce qu’elle concerne les moyens de locomotion - mais parce que les patients ne sont pas hospitalisés.

Le même jour F.Célestin s’envole - en avion -pour le Congo-Kinshasa afin de visiter sa famille. On sait qu’il est arrivé à Kinshasa; mais depuis qu’il est dans la brousse, plus de nouvelles, les lions n'étant pas encore équipés de portable.

La même semaine F.Bernard s’envole - en voiture - pour Cortone (Italie) afin d’ admirer l’ “Annonciation” de Fra Angelico qui s’y trouve, en vue d’un DVD en gestation; nos amis les Gadenne l’y conduisent et travaillent eux-mêmes à ce DVD.

La même semaine Marie-Thérèse, infirmière-chef à la retraite qui nous aide à l’infirmerie, s’envole pour le Togo afin de collaborer à l’installation d’un dispensaire; elle espère en revenir, mais demande tout de même qu’on prie pour elle.

La même semaine le cierge pascal nous arrive d’Allemagne, offert, comme chaque année, par la paroisse St Bernard de Mayence (Rhénanie-Palatinat).

Cette semaine aussi F.Philippe, assistant hôtelier, part à Lyon pour une session concernant l’accompagnement spirituel.

F.Raphaël s’y rendra égalementpar la suite pour la même raison.

Le dimanche 6 avril, F.Bernard nous narre ses souvenirs de déplacements en Italie : Cortone puis Florence. On en reparlera.

On nous annonce la parution d’un nouveau livre de notre P. Etienne “La manne du désert” aux éditions Harmattan. 230 pages, 24 €, en vente en notre magasin. Ce livre se présente sous la forme d’un dictionnaire de thèmes sprituels ou symboliques, que l’on trouve chez les “Pères du Désert”; et se termine effectivement par un lexique de 37 mots allant de la manne au miel en passant par la barque et la fourmi. On y trouve moult citations des “Pères du désert”. P.etienne les connaît tous par cœur.

Les 7 et 8 avril P.Abbé part à la Pierre qui Vire pour la réunion des supérieurs majeurs.

Les 10 et 11 il se rend à Melleray pour la commission d’aide.

La même semaine nous recevons à Cîteaux les membres de l’association ARCCIS (Association pour le Rayonnement de la Culture Cistercienne).

15 avril P.Abbé se rend à Taizé qui célèbre les 60 ans de sa fondation et en même temps les 10 ans de la mort de frère Roger (qui aurait eu 100 ans de jour là).

Le soir P.Abbé, accompagné de F.Philippe, se rend à Dijon pour concélébrer la “Messe Chrismale”.

16 avril : passage de Dom Lode, abbé d’Orval.le même jour dans l’après-midi, visite de la Sous-Préfète de Beaune. Elle fera le “parcours”.

18 avril : nous recevons Père Alain, prêtre, (Kinshasa) qui passera quelque temps chez nous.

23 avril après vêpres, Mgr Minnerath parle à la communauté au sujet du mariage. Contrat ou institution ? That is the question.

Deux synodes ne seront pas de trop pour en débattre.

24 avril (jeudi) on nous annonce que Père Basile, moine de la PqV, actuellement supérieur de Chauveroche, nous prêchera la retraite en fin d’année.

27 avril

nous évoquons les grandes figures de Jean XXII et Jean-Paul II que le Pape vient de canoniser.

Le Cardinal Roncalli est venu à Cîteaux jadis. Il a recommandé à notre abbé de l’époque, Don Jean Chanut, de manger du chocolat. De son côté F.Henry se souvient d’avoir récité l’office de none avec lui.

 28 avril : frère Jean-Claude part à Marienthal pour quelques jours.

29 avril : F.Célestin nous revient d’Afrique avec un bon rhume. Il nous parlera dimanche de son périple.

le 29 également on nous apprend que l’élection d’un nouveau P.Abbé à Koutaba n’a pas aboutit. En conséquence le Père Abbé immédiat (Dom Eric, d’Aiguebelle) a nommé provisoirement un certain Père Etienne Harding.

juin 2014

JUIN 2014

 

Le mois de juin a été marqué par la sécheresse qui a prévalu dans tout le pays. Un bref, mais violent orage de grêle a fortement endommagé des vignes de notre région, parmi les plus grands crus de Bourgogne.

Si la sécheresse sévit, nous espérons bien qu'elle ne gagne pas nos cœurs qui s'abreuvent aux sources de l'Esprit Saint. La veille de la Pentecôte, nous nous sommes unis à la prière pour la paix demandée par le Pape François et nous avons continué la journée dans le jeûne et la prière, comme nous le faisons la veille de chaque grande fête, pour attiser en nous la faim et la soif de Dieu.

Ce désir de Dieu, c'est aussi celui de notre Frère Marie-Joseph qui va s'engager définitivement dans la vie monastique le 12 juillet prochain. Nous vous demandons de faire une prière pour lui : que par toute sa vie, il soit comme le ferment dans la pâte, semence cachée de l'Evangile qui va soulever notre monde.

Vous vous rappelez peut-être que nous assurons la formation de jeunes moines camerounais. Ils font partie d'une communauté nouvelle fondée par un prêtre camerounais près de Yaoundé. Pour enraciner les jeunes dans la tradition cistercienne, il nous a demandé de lui venir en aide. Nous avons donc deux Frères camerounais parmi nous. L'un d'eux, de santé délicate, a dû regagner son pays. Peut-être en recevrons-nous d'autres ?

A la fin du mois, nous avons eu la visite de notre Frère Joël. Il est le supérieur de notre petite fondation en Norvège. Depuis 5 ans maintenant, 4 de nos frères sont partis fonder un nouveau monastère en pays luthérien. Ils ont été très bien accueillis, les relations œcuméniques entre les catholiques et les luthériens étant bonnes. Gros travail d'apprentissage de la langue qui leur a permis, dès le début, de célébrer la liturgie en Norvégien. Maintenant il faudrait que la communauté s'accroisse en nombre. Nous réfléchissons à la possibilité de leur envoyer du renfort et espérons que des Norvégiens s'intéressent à la vie monastique.

Voilà les vacances : occasion de trouver un autre rythme de vie et, pourquoi pas, de trouver du temps pour Dieu...

 

juillet 2014

Le mois de juillet a été marqué par la profession solennelle de notre Frère Marie-Joseph. La profession solennelle, c'est l'engagement définitif d'un moine dans la vie monastique, après toutes les années de formation.

Frère Marie-Joseph, originaire de la Martinique, noir comme la nuit, partage notre vie depuis 5 ans.

C'est une très belle fête que nous avons vécue ce 12 juillet. La messe était celle de Notre Dame de la Délivrande, patronne du diocèse de la Martinique. Présidée par Mgr Olivier de Berranger, ancien évêque du diocèse de Seine-Saint-Denis où F. Marie-Joseph a passé une bonne partie de sa jeunesse. Et l'assemblée était marquée par plusieurs Martiniquais, faciles à reconnaître : famille de notre frère et amis.

De très beaux chants, à commencer par l'hymne acathiste. Après l'écoute de la Parole, le P. de Berranger a fait une belle homélie, retraçant l'itinéraire de Frère Marie-Joseph et s'étonnant que l'appel de Dieu l'ait conduit, non pas à être l'apôtre d'une évangélisation directe mais à la vie monastique. C'est que, a-t-il expliqué, les voies du Seigneur ne sont pas nos voies et ses chemins ne sont pas nos chemins. Comme pour le prophète Isaïe (1ère lecture Is 6, 1-8) le séraphin au charbon brûlant a touché les lèvres de Frère Marie-Joseph qui n'a pu que répondre : "Envoie-moi !"

Le rite de la profession solennelle, dirigé par le Père Abbé, s'est déroulé ensuite, tandis que tous les saints et saintes du ciel venaient participer à notre assemblée. Et chaque frère de la communauté a accueilli chaleureusement, à titre définitif, notre frère.

L'Eucharistie, sacrement de la vie donnée, a consacré ce don.

Et voilà qu'à la fin, notre assemblée s'est encore élargie puisque le P. Abbé nous a lu une lettre du Pape François adressée à F. Marie-Joseph ! C'est que celui-ci avait eu la bonne idée d'envoyer son faire-part de profession au Pape ! Du coup nous avons tous été englobés dans la bénédiction apostolique donnée à tous les participants de la profession. Et sûrement aussi à ceux qui lisent cette page !

Août 2014

Les quelques évènements de ce mois d'août ont été d'abord le départ du Frère  Jean-Marie Vianney. Ce frère, du monastère de Nkon-Ngon au Cameroun a passé un an à Cîteaux. Il aurait bien aimé prolonger mais sa communauté a besoin de lui. Excellent frère, discret, aux nombreux talents. Notamment celui de sculpteur sur bois. Il nous a offert, en partant, une statue de la Sainte Vierge, une pirogue et une évocation de la communauté en forme de buisson ardent.

Le Père Alain, prêtre congolais de Kikwit, en séjour depuis quelques mois, devient postulant.

Frère Michel s'est rendu au Mont des Cats pour la profession solennelle de Frère Oswaldo. Ce frère a passé 3 mois à Cîteaux pendant qu'il était novice au Mont des Cats pour compléter sa formation. Il est Mauricien et représente un espoir pour la communauté qui a peu de vocations.

Nous avons reçu en séjour un frère Haïtien, d'une congrégation locale des Frères de la Résurrection. Il nous a parlé de son pays. Terre de beauté mais d'une très grande pauvreté. La population est essentiellement d'anciens esclaves originaires du Bénin. La langue est le créole. Une révolte générale en 1804 a amené une indépendance mais dans une permanente lutte des classes, dictateurs corrompus, révoltes successives. Impossible de construire un pays : il reste un des plus pauvres du monde. Le peuple est joyeux et accueillant et l'Église est la seule institution forte, concurrencée par les sectes et le Vaudou.


Octobre 2014

Tout récemment, j'ai reçu un mail d'une étudiante : "Que diriez-vous à un jeune attiré par la vie monastique et qui souhaiterait rejoindre l'Abbaye de Cîteaux ?"
La réponse a été : "Je lui dirais : la vie n'est pas faite pour être conservée au frigo. Elle est faite pour être donnée. Tu envisages une vie monastique ? Viens et vis avec nous. Tu verras si c'est à ça que le Seigneur t'appelles."
C'est cette expérience qu'ont vécu deux jeunes ce mois-ci : ils ont passé une semaine de découverte en partageant complètement notre vie, depuis la grande prière de nuit à 4 heures du matin (c'est un peu tôt !) avec les autres offices de la prière, le travail, la lecture. Pleins d'allant et de curiosité, ils ont été enchantés de cette initiation. Les amènera-t-elle un jour à embrasser la vie monastique ?... C'est en tout cas une expérience forte de vie chrétienne.


D'autres fréquentent notre abbaye. Un stage d'Aventuriers du bonheur s'est déroulé avant la Toussaint. Initiation à la lectio divina, à la prière, enseignements pour nourrir la foi.


Au début du mois, nous avons eu le bonheur de voir notre Frère Jean-Nicolas commencer le noviciat. Présent parmi nous depuis un an déjà, il a franchi une étape, revêtu l'habit monastique et il poursuit sa formation. Cette formation consiste à vivre intégralement la vie monastique pour en acquérir l'expérience et à entamer un long chemin qui doit durer toute la vie. Si le choix initial se confirme, le novice prononcera son premier engagement au bout de deux ans. Ce sont les premiers vœux qu'il prononce pour trois ans. Et s'il fait le choix définitif ensuite, il fait sa profession solennelle par laquelle il s'engage pour toujours.

Le mois d'octobre a été marqué également par une session remarquable que nous a donnée Monseigneur Gérard DEFOIX, ancien évêque de Lille, sur le concile Vatican II. Par delà les querelles qui ont marqué l'après-Vatican II (comme à chaque concile !) c'est maintenant que nous avons à en percevoir tous les fruits et à les vivre. La vie chrétienne impulsée par Vatican II commence maintenant !


Novembre 2014

C'est pour la Fête de la Croix Glorieuse, le 14 septembre 2009, il y a 5 ans, que 4 Frères de notre communauté sont partis en Norvège pour commencer la fondation d'un nouveau monastère. Situé à 60 kilomètres au Nord de Trondheim, le petit monastère s'est implanté en terre norvégienne. Par un travail intense, nos frères ont appris la langue pour pouvoir dès que possible chanter toute la prière en norvégien et partager la culture de la population environnante. Accueillis chaleureusement par cette population qui est en majorité luthérienne, ils ont pris leur place dans le dialogue œcuménique des Eglises en Norvège. Le monastère est fréquenté par des luthériens et des catholiques qui aiment partager la prière des moines. Il devient ainsi le lieu d'un rapprochement entre les Eglises, rapprochement qui trouve sa source dans la prière commune. Appartenant à des Eglises diverses, c'est comme disciples du Christ ressuscité que nous partageons la même prière. Et par là-même, nous apprenons à nous rapprocher les uns des autres.

Quel sera l'avenir de ce monastère ? La question se pose. Parmi les 4 frères, le plus âgé Frère Cyril, 87 ans, un homme de prière, a dû récemment rentrer en France à cause de son grand âge et de sa santé défaillante. "Si mon corps rentre en France, dit-il, mon cœur reste en Norvège."

Du coup, il ne reste que 3 moines dans la communauté. Il y a bien quelques Norvégiens qui s'intéressent à l'éventualité d'une vie monastique, mais jusqu'à présent, aucun n'a franchi le pas.

Comme les Mages, nous marchons, guidés par l'étoile. Cette étoile va-t-elle resplendir sur la terre norvégienne pour que le monastère, comme la grotte de Bethléem, puisse enfanter à la lumière de la vie monastique des veilleurs pour les pays scandinaves ? A cette saison, les nuits sont longues en Norvège et les étoiles, nombreuses, scintillent dans le ciel et les aurores boréales le drapent de magnificence. Pourtant, s'il est vrai qu'à Bethléem, il y avait des chameaux, à Munkeby en Norvège ce serait plutôt des élans !