automne 2014

COMMENÇONS  PAR  LE  COMMENCEMENT 

Automne 2014

A toutes les pages de l’évangile, Jésus est tellement proche et tellement différent. Cela ne cesse de me frapper. Proche de nous plus que personne, et différent de nous plus que personne. Connaissez-vous quelqu’un en qui se mêlent à ce point le plus naturel et le plus déroutant ? Homme, sans aucun doute, il l’est pleinement. Mais pourquoi, tant de fois, ce comportement si étrange où, tout à coup, on peine à le suivre, on décroche, on ne comprend plus, on a envie de dire : stop ?

J’y pensais encore récemment en écoutant la parabole du semeur. Elle nous est tellement familière qu’on ne remarque pas le geste insensé de cet homme. Je veux bien que la pointe de la parabole porte sur la bonne terre que nous sommes tous appelés à devenir, mais ce n’est pas une raison suffisante pour oublier le semeur. Il est au commencement.

Regardons ce qu’il fait. Il jette son grain n’importe où, sans se préoccuper le moins du monde de l’endroit où il sème : le bord du chemin, le sol pierreux, les ronces, et finalement la bonne terre. Quel gaspillage ! Aucun agriculteur…un tant soit peu sensé…ne s’y prendrait ainsi. Tous, nous calculons, nous mesurons, nous économisons. Dieu fait l’inverse : il dépense à la folie. Tous les terrains lui sont bons. C’est qu’il connaît la force de son grain. Ce qu’il jette dans les pierres peut les changer en pain.

A trop vouloir couper nos ronces et dépierrer notre conscience, nous risquons de perdre de vue le Semeur et sa semence. Pour le suivre et ne pas décrocher, commençons donc par le « Commencement ». Exerçons-nous à le contempler. Dans sa folie, c’est Lui qui donne sens.