Eté 2016

 

Christian exit

 

Eté 2016

Chaque année, la fête de saint Benoît coïncide avec les premières semaines de l’été. L’Eglise l’honore comme le père du monachisme occidental et l’un des saints patrons de l’Europe. La récente affaire du « Brexit » m’incite à chercher dans sa Règle des repères qui peuvent encore nous servir de guides pour prendre position ou donner un avis. Je retiens celui-ci : Se faire étranger aux mœurs du monde. C’est le « Brexit » chrétien. Jésus l’énonce en d’autres termes : Vous êtes dans le monde sans être du monde.

Britain exit, Christian exit. On ne le dit pas suffisamment. Être chrétien conduit à faire de la politique en sachant que nous sommes dans le monde sans être du monde. Exode…exit. Le Peuple de Dieu quitte en permanence tous les esclavages de ce monde, toutes les ficelles de la mondanité. Nous migrons sans cesse, nous émigrons sans cesse. Ce n’est pas une migration de vacanciers pour quelques semaines de liberté, après lesquelles on retrouvera de nouveaux esclavages. Non, c’est la migration vers la pleine liberté des enfants de Dieu. Voilà la condition chrétienne la plus normale. Nous sommes des passants, des gens de passage. Nulle part en ce monde, le Fils de l’homme n’a d’endroit où reposer la tête. Ni en Europe, ni au Nord, ni au Midi, ni au Levant, ni au Couchant. Et pourtant, il est partout chez lui, mais toujours sur le départ. Le chrétien aussi. Etrangers, pèlerins, toujours prêts à partir, nous portons nos regards vers le jour et vers l’heure.