la règle de saint Benoît


Dans les milieux monastiques, on rapporte une petite histoire :
Tous les matins, au chapitre, le père abbé nous donne un commentaire sur l’évangile du jour. C’est beau et très spirituel. Mais c’est dommage, parce que s’il commentait la Règle, il pourrait de temps en temps rappeler qu’il est bon d’arriver à l’heure aux repas !

Notre propos est de suivre le Christ, et pourtant, nous menons une vie très différente de la sienne. Mais justement, il n’a pas dit : "Faites comme moi !", il a dit : "Venez à ma suite !"
La Règle traduit dans le quotidien de la vie les moyens que l’on se donne pour apprendre à aimer Dieu et son prochain. Elle n’est pas un traité de vie spirituelle, car ce n’est pas en la lisant que le cœur se dilate, mais en la mettant en pratique dans l’atelier qu’est le monastère.

Cette règle, écrite il y a 1500 ans, hérite de la ferveur des premiers moines, ermites au désert d’Égypte, enrichie par les premiers essais de vie commune. Elle apparaît comme une synthèse apaisée et équilibrée. Elle offre une alternance entre la prière, le travail et la lecture, elle tempère les rigueurs ascétiques, elle dispose les relations humaines autour de la vertu maîtresse qu’est l’humilité.
Elle a cependant été écrite pour un monde bien différent du nôtre. Son interprétation a donc beaucoup évolué. La réforme cistercienne est née d’une prise de conscience : ces évolutions, en donnant plus d’ampleur à la prière chorale, avaient fini par modifier substantiellement la mise en pratique de la règle. En fondant le Nouveau Monastère, les premiers cisterciens veulent retrouver la droiture de la Règle de Saint Benoît.
Aujourd’hui, c’est le père abbé qui est chargé de l’interprétation de la règle.
Il ne peut l’interpréter que dans la mesure où il en est lui-même le serviteur.

 PHM.citeaux-la-regle

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