Eté 2019

 

Des fauves ou des frères ?

Depuis plusieurs mois, le sujet des abus fait la une des médias. Toute la société prend conscience d’un mal dont elle ne soupçonnait pas à ce point la gravité. Abus de pouvoir, abus sur les consciences, abus sexuels… Les auteurs sont épinglés, pourchassés, sanctionnés. Les victimes, enfin écoutées.

Pourtant, faisons attention aux fauves ! Il y en a un tapis en chacun de nous, qui ne demande qu’à se réveiller. Simone Weil, dans La pesanteur et la grâce, nous met en garde contre lui. Qui n’a été écorché ? Qui n’a été abusé ? Qui, s’il n’y veille, ne devient fauve à son tour ? Fauve contre fauve, cela donne une société de fauves. Derrière leur clôture, les moines n’en sont pas forcément épargnés.

Sur mon bureau de travail, j’ai une petite statuette qui me donne à penser : Saint François et le loup. François est assis, frère loup est à côté de lui, sa patte avant gauche dans la main droite de François. Un choix s’impose : Voulons-nous une société de fauves ou une société de frères ?